Lorsque les Maraudeurs deviennent
plus qu’un simple mythe
Chapitre
24 : jour de l’an mémorable.
«- Allez, Boulie,
viens-là !
- Elle ne s’appelle pas Boulie mais
Neige… ! rétorqua Harry.
- Non, c’est Boule de Neige… ! riposta
Sirius.
- Mais son surnom c’est Neige… ! insista
Harry. N’est-ce pas jolie minette… ? »
La petite chatte
blanche miaula et vint s’installer sur les genoux de l’adolescent.
«- Décidément,
Patmol, tu n’as pas de succès avec les chats ! se moqua Remus.
- Tu peux parler… ! » riposta
Sirius, visiblement vexé.
Un peu plus tard
dans la journée, tous trois étaient assis par terre, dans la chambre de James,
en compagnie de Gaïa, qui paressait sur le lit de son maître, et du chat de
Lily. Remus allait répliquer mais des coups frappés à la porte de la chambre le
coupèrent dans son élan.
Avant que l’un d’eux
ait eu le temps de dire quoi que ce soit, la porte s’ouvrit sur Franck.
Aussitôt, Gaïa laissa échapper un miaulement contrarié et jaillit comme un diable
de sa boite et se planta devant le sorcier, le poil hérissé.
« Visiblement,
les sentiments de James pour son père s’en ressentent sur le comportement de
Gaïa ! » murmura Sirius à l’adresse de Remus qui acquiesça
discrètement.
Mais l’adulte ne prêta
guère attention au félin tigré et s’intéressa aux trois adolescents qui
l’observaient avec étonnement.
« Où est
James ? »
Les trois garçons
échangèrent un bref regard et haussèrent les épaules.
« On ne sait
pas, Mr Potter… ! » répondit calmement Sirius.
Franck haussa un
sourcil, à l’étonnement général, puis tourna brusquement les talons et quitta
la pièce. Gaïa se calma aussitôt, alors que les adolescents se levaient d’un
bond (à la plus grande contrariété de Neige).
«- On doit prévenir
Cornedrue… ! s’écria Sirius. Son père n’est pas idiot…, il doit se douter
de quelque chose… ! Je suis prêt à parier qu’il va directement à la
chambre de Lily… !
- Mais qu’est-ce qu’on peut faire ? On
ne pourra pas arriver avant lui… !
- Pas dit… ! répliqua Harry en se ruant
vers le balcon. Vous deux, essayez de trouver un moyen d’occuper
Franck… ! »
Sirius et Remus
échangèrent un regard.
«- Je veux bien moi,
mais comment ? demanda Remus.
- Ben… ! commença Sirius. Eh, je crois
que j’ai une idée ! » ajouta-t-il en souriant, en apercevant le félin
tigré.
* * * * *
Sirius sortit en
trombe de la chambre, tenant un Gaïa plutôt contrarié par la peau du cou, pour
apercevoir Franck un peu plus loin. L’Auror ne semblait pas vraiment de très
bonne humeur….
« Gaïa… !
Va protéger ton maître… ! » souffla Sirius, en déposant le chat.
Le félin miaula,
interloqué.
« Cherche
James, allez ! » insista Sirius.
Semblant finalement
comprendre ce qu’on attendait de lui, le chat s’élança dans le couloir, à la
suite de Franck, alors que Sirius regagnait la chambre de son meilleur ami.
* * * * *
Un miaulement
strident retentit dans le couloir et Franck se retourna juste à temps pour
apercevoir le chat tigré s’arrêter devant lui, le poil hérissé, le dos rond,
grondant légèrement.
« Je commence à
croire que quelque chose ne va pas avec ce chat… ! commenta le sorcier. Et
qu’on me cache quelque chose que je vais me faire un point d’honneur de
découvrir… ! »
Disant cela, il
attrapa rapidement un Gaïa surexcité par la peau du cou, ignorant les griffes
de l’animal qui se plantèrent dans un de ses bras.
« Toi, tu
aurais intérêt à revoir tes priorités… ! gronda Franck à l’attention du
chat qui miaula en retour. Retourne dans la chambre de James ou je vais me
faire un plaisir de m’occuper, personnellement, de ton dressage… ! »
Sur ce, il reposa
sans ménagement le chat, qui miaula d’un air contrarié mais repartit sans
demander son reste. Franck s’en désintéressa et reprit sa route vers l’endroit
où il pensait bien trouver son fils.
« Vous vouliez
me voir, père ? »
Le sorcier se
retourna, pour découvrir l’adolescent qui surgit dans le couloir, juste
derrière lui.
«- Ah, James… !
commenta Franck, vaguement surpris. Et bien je me demandais où tu étais… !
- Ben…, j’étais… !
- Eh, Jamsie ! Tu tombes
bien… ! » s’écria la voix de Sirius.
* * * * *
Sirius, Remus et
Harry courraient vers le père et le fils.
«- Gaïa fait des
siennes dans ta chambre ! résuma Harry en arrivant à leur hauteur.
- Ah…, ok, j’arrive tout de suite… !
Désolé père mais il y a urgence… ! »
Sur ces mots, James
se hâta de battre en retraite, suivit par ses amis, et regagna sa chambre où
Gaïa les accueillit, parfaitement calme, avec enthousiasme en sautant dans les
bras de son maître et en ronronnant alors que ce dernier le caressait derrière
les oreilles.
«- Merci pour votre
aide, les gars ! lança finalement James en souriant à ses amis.
- Tout le mérite revient à Harry… !
répliqua Sirius. Mais, la prochaine fois, attends que ton père ne soit pas là
pour compter fleurette à Lily… ! »
James sourit tout en
adressant un regard reconnaissant à Harry qui ne put s’empêcher de repenser à
ce qu’il venait de faire… !
* * * * *
<flash-back>
« Accio Nimbus
1700 ! » s’écria Harry une fois dehors.
Presque aussitôt,
ledit balai arriva à sa hauteur et Harry s’élança dans les airs. Il ne tarda
pas à atteindre la fenêtre qu’il cherchait et s’immobilisa avant d’y jeter un
œil. Il grimaça.
« Bon…, je crois
que je n’ai pas vraiment le choix ! soupira-t-il. Alohomora ! »
La fenêtre s’ouvrit
et le bruit suffit à tirer les deux adolescents qui se trouvaient dans la
chambre de leurs…occupations.
«- Harry ?
s’étonnèrent-ils en chœur, en s’écartant précipitamment, aussi gênés l’un que
l’autre.
- Désolé de vous interrompre mais, James, ton
père te cherche… ! On lui a dit qu’on ne savait pas où tu étais mais il
vient par ici… ! »
James et Lily
pâlirent.
«- Booon ! Dans
ce cas, on passe au plan B… ! marmonna James.
- C’est à dire ? s’inquiétèrent Harry et
Lily, qui remettait de l’ordre dans sa tenue.
- L’improvisation la plus totale… !
répliqua James en souriant, avant d’embrasser rapidement sa petite-amie.
- Soit prudent… ! murmura-t-elle.
- Ne t’inquiètes pas… ! assura-t-il
avant de se glisser par la fenêtre et s’installer, tant bien que mal, derrière
Harry qui repartit aussitôt. Dépose-moi trois fenêtres plus à droite… !
lâcha vivement James. De là, je pourrais rejoindre discrètement le couloir et
rattraper mon père à temps… !
- Tu crois que ça va marcher ?
- Un Nimbus 1700 va, tout de même, bien plus
vite que mon père. Voilà, on y est… ! »
Harry redressa son
balai à hauteur d’une fenêtre ouverte.
« Merci ! »
souffla le Maraudeur en s’engouffrant par la fenêtre.
Harry repartit
aussitôt et regagna la chambre de James où Sirius et Remus l’attendaient avec
inquiétude.
«- Alors ?
s’enquit Sirius.
- Ils étaient “occupés”… ! commenta
simplement Harry, tout en apercevant Gaïa se glisser dans la pièce. Mais on
ferait mieux d’intervenir…, au cas où… ! »
<fin du flash back>
* * * * *
Quatre jours
s’étaient écoulés, sans incident notoire. Bien que la préparation, par
courrier, de leur fête occupait une partie du temps des adolescents, ils
passaient la plus grande partie de leur temps dans le jardin, à jouer au
Quidditch (sans parvenir à mettre Lily sur un balai), à se lancer dans des
batailles de boule de neige sans merci, bref, à s’amuser… Et cela sans aucune interférence
de Franck Potter qui passait ses journées dans son bureau… En fait, les
adolescents ne le voyaient qu’aux repas, et ils ne s’en portaient pas plus mal…
Pourtant, James ne pouvait s’empêcher de se dire que ce calme relatif n’allait
pas durer, à en croire la façon dont son père observait Lily…
Et il eut la
confirmation de ses doutes, à la fin du dîner…
« James,
j’aimerai te voir à mon bureau… tout de suite, et seul ! » lança,
Franck en quittant la table.
L’adolescent, prit
au dépourvu par cette soudaine requête, jeta un regard interrogateur à sa mère
qui lui fit discrètement signe d’obéir. Il soupira, résigné, et quitta la salle
à manger, non sans un dernier regard à ses amis. Le père et le fils gagnèrent
en silence le bureau de Franck qui referma la porte derrière lui.
James resta
silencieux, immobile au milieu dans cette pièce où il n’était venu qu’à de
rares occasions…, et il n’en avait jamais gardé de bons souvenirs…, si bien
qu’il se mit, instinctivement, sur la défensive, jetant un bref regard à la
vaste pièce confortablement meublée…
« Assis-toi,
James ! » suggéra son père.
L’adolescent rejeta
la proposition, restant obstinément à la même place. Franck haussa un sourcil
mais n’insista pas, installé à son bureau, et se contenta de fixer son fils
avec sa sévérité habituelle.
« J’ai
l’impression que nous ne sommes pas partis sur de bonnes bases, toi et moi,
James ! » commença finalement Franck, brisant le silence qui s’était
installé dans le bureau.
L’adolescent resta silencieux,
un peu surpris par cette entrée en matière.
« Tu n’as pas
l’air de m’apprécier beaucoup et je ne peux pas t’en vouloir, du fait que je
n’ai pas souvent été à la maison ces dernières années ! » continua
Franck, avec son impassibilité caractéristique.
James fronça les
sourcils, se demandant où son père voulait en venir, mais persévéra dans son
mutisme.
«- C’est pourquoi je
t’ai accordé une certaine tolérance jusqu’à présent… ! Tu as été assez
libre de tes gestes… ! Je veux dire, contrairement aux autres familles de
Sang-pur, tu as bien plus de liberté que les autres jeunes de ton âge…, à
commencer par le fait que tu n’es pas soumis à un quelconque mariage arrangé,
comme ça devrait être le cas…, tu as les amis que tu veux…, bref, je me suis montré
assez magnanime… ! Cependant, je voulais mettre certains points au clair
avec toi…, au sujet de tes fréquentations !
- Nous y voilà ! » songea James.
Mais il garda le
silence, se contentant d’attendre.
« Passe encore
pour ta bande d’amis… ! poursuivit Franck. Je veux bien fermer les yeux
pour les bêtises que tu fais, quoi qu’en dise ta mère, à Poudlard avec Sirius,
Remus et Peter…, et je suppose aussi désormais avec Harry… ! Mais en ce
qui concerne cette jeune fille moldue… ! »
James se tendit
encore plus qu’il ne l’était jusqu’à présent.
«- Il semblerait que
ta mère l’ait prise en affection mais là n’est pas la question… ! Je
voudrais surtout te parler de tes relations avec cette jeune fille… ! Je
sais pertinemment que tu es à un âge où on s’intéresses beaucoup… disons, aux
représentants du sexe opposé… ! Néanmoins, je ne veux pas que tu continues
à t’intéresser à cette jeune moldue… !
- Elle est la meilleure sorcière de
l’école… ! protesta James.
- Peut-être, mais elle a des origines purement
moldues… ! répliqua Franck en fronçant les sourcils. Et tu devrais avoir
honte qu’une fille comme elle puisse être meilleure que toi en cours…, alors
que tu es issu d’une famille au Sang-pur qui accumule depuis des centaines
d’années bons nombres de connaissances sur le monde magique… !
- On croirait entendre Malefoy… !
commenta calmement James, les bras croisés. Lily est une sorcière après
tout… ! Et s’il est vrai que, les premières années, je n’appréciais pas
vraiment qu’elle puisse me battre dans la plupart des matières, j’ai, depuis un
moment, réalisé que, ainsi, elle montrait à tous qu’il n’est pas nécessaire
d’avoir des origines prestigieuses pour réussir… ! Et que Dumbledore a eu
raison de donner une chance aux jeunes sorciers comme elle, en leur donnant
accès à une scolarité à Poudlard… !
- James… ! commença Franck, sur un ton
d’avertissement.
- Jusque là, j’ai toujours bêtement fait tout
ce que vous attendiez de moi, père… ! J’ai toujours eu de bonnes notes, j’ai
été Préfet, puis Préfet-en-Chef, je suis le Poursuiveur principal et le
Capitaine de l’équipe de Quidditch de Gryffondor… et là, vous voudriez aussi me
dicter ce que je dois faire de ma vie sentimentale ? Ca, jamais… !
- Alors, c’est bien ce que je pensais…, tu
aimes cette moldue… ! le coupa sèchement son père.
- Oui, et alors ? Je l’aime et contre
ça, vous ne pouvez rien y faire… !
- C’est une honte, James ! Tu n’as, en
aucune façon, le droit de ruiner les années de pureté du sang de la lignée
Potter… ! Tes ancêtres doivent se retourner dans leur tombe… !
- Et que faites-vous de mes sentiments,
hein ? Tout ce qui vous intéresses, père, c’est l’honneur d’un simple nom
de famille… ! Vous ne vous êtes jamais intéressé à moi jusque là et voilà que
tout d’un coup… ! s’écria James, avant de s’interrompre brutalement et
repartir sur un autre sujet. J’en ai rien à faire d’être un descendant de
Godric Gryffondor, ou d’être un Potter… ! Ca ne m’empêche pas d’aimer qui
je veux… !
- Oh, si, justement… ! riposta Franck.
Le fait que tu sois un Potter t’oblige à épouser au moins quelqu’un qui a des
origines sorcières… !
- Et si je m’y oppose… ? le défia James.
Qu’est-ce que vous allez faire… ? Me frapper ? Me déshériter ?
Me consigner à vie dans ma chambre… ?
- Tais-toi, petit insolent ! » le
coupa brutalement Franck.
Le ton avait été si
dur que James s’interrompit.
« Je t’interdit
de traîner avec une moldue, c’est clair ? Je veillerai personnellement à
ce que tu ne l’approches plus, ou tu auras à faire à moi… ! Désormais, je
m’occuperai de ton cas, moi-même ! Maintenant, hors de ma vue, et que je
ne te prenne plus à fréquenter des personnes d’origines aussi
déshonorantes… ! »
James voulu
répliquer mais se ravisa. Si son père voulait jouer à ce petit jeu…, alors ils
seraient deux…
« Oui…,
“père” ! » ironisa-t-il, les yeux brillants d’une colère froide.
Sur ce, il tourna
les talons, quitta le bureau et claqua violemment la porte derrière lui,
montrant ainsi clairement sa désapprobation. Il entendit son père le rappeler,
sûrement pour le sermonner de sa conduite, mais il fit mine de n’avoir rien
entendu et gagna le salon où il supposait trouver les autres.
« Il peut dire
ce qu’il veut, je n’en ai rien à faire… ! Je ne le laisserai pas dicter ma
conduite plus longtemps… ! Qu’il aille au diable… ! »
marmonna-t-il avec mauvaise humeur, bien décidé à ignorer l’ordre de son père.
Cependant, sa colère
disparue comme par enchantement dès qu’il entra dans le salon, où se trouvaient,
effectivement, les autres, et sourit à Lily qui, l’ayant aperçu, lui adressait
un regard interrogateur. Il rencontra, au passage, le regard de sa mère qui
fronça les sourcils, se doutant de ce qui avait pu se passer.
Cette dernière prit
alors la parole.
« Pourquoi
n’iriez-vous pas vous occuper dans la chambre de James, plutôt que de rester
ici ? » suggéra-t-elle en se levant.
* * * * *
James, adossé à un
mur, écoutait machinalement ce qui se disait dans le bureau de son père. Ayant
laissé les autres dans sa chambre, il était revenu dans le coin, pour
surprendre une discussion, plus qu’animée, entre ses deux parents. Le bureau de
son père était sensé être insonorisé, mais le fait que la porte ne soit
qu’entrebaîllé lui permettait de suivre l’altercation qui s’y déroulait.
Etrangement, il ne se rappelait pas avoir déjà entendu ses parents se disputer.
« Tu te ranges
de son côté, Lizzie ? »
La voix glaciale de
son père fit frémir l’adolescent. C’était vraiment la première fois qu’il
l’entendait parler à sa mère de la sorte.
«- En effet… !
rétorqua, l’air contrariée, sa mère. Au risque de te déplaire, je dois bien
dire que je ne partage pas du tout ton opinion sur ce sujet… !
- Lizzie…
- Franck… ! le coupa-t-elle à son tour.
Tu es bien trop borné… ! Laisse-le vivre sa vie… ! Il l’aime, c’est
amplement suffisant, non ?
- Lizzie… !
- Non, il n’y a pas de Lizzie qui
tienne… ! Pour une fois, c’est toi qui va m’écouter, Franck… ! Lily
est une jeune fille bien…, et très douée en cours, selon James… !
- Peut-être, mais, il n’empêche qu’elle n’est
pas une sorcière de pure souche… !
- Et alors ? s’écria Elizabeth. Cesse de
faire une fixation sur ces traditions d’un autre âge, Franck… ! Regarde où
ces histoires de sang pur ont menés les Malefoy…, ou les Rogue… ! A servir
Voldemort… !
- CA N’A STRICTEMENT RIEN A VOIR,
LIZZIE ! hurla Franck, perdant visiblement son sang-froid.
- Si, justement… ! Mais tu es trop têtu
pour le reconnaître… ! James n’est pas du tout comme toi, Franck… !
Si tu avais été un peu plus souvent à la maison, tu l’aurai remarqué… !
- J’aurai pu t’empêcher de lui farcir la tête
avec ces idioties… !
- Il AIME cette jeune fille… ! C’est son
cœur qui en a décidé ainsi…, pas ses idéologies… ! Il l’aime et rien, pas
même toi, ne pourra l’en faire démordre… ! Il est prêt à te tenir tête…,
quoi qu’il lui en coûte… ! Je sais que tu es frustré par la façon dont
Voldemort vous tient en échec, mais ce n’est pas une raison pour te défouler
sur ton fils… !
- Je ne reconnais pas comme mon fils
quelqu’un qui déshonore de cette façon ma famille… ! »
Il y eut un long
moment de silence.
« Très bien…,
si c’est comme ça que tu vois les choses… ! commenta calmement,
apparemment déçue, sa mère.
- Qu’est-ce que… ? Que vas-tu
faire… ? s’étonna Franck, perplexe.
- Tant que tu t’obstineras, je ne te
laisserai pas ruiner la vie de mon fils… ! » rétorqua-t-elle.
James réalisa trop
tard que la conversation était ainsi close, en voyant la porte s’ouvrir. Sa
mère semblait contrariée mais elle ne sembla pas surprise de le voir là et ne
fit aucun commentaire, se contentant de refermer la porte, avant de lui faire
signe de la suivre.
«- Tu ferais mieux
d’éviter ton père dans les jours à venir, James ! murmura-t-elle.
- Tu crois que ça va s’arranger ?
- Honnêtement…, non ! Ton père est
terriblement borné… ! Et puis, Rome ne s’est pas bâtie en un jour… !
Il faudra beaucoup de temps à ton père pour se faire une raison…, pour remettre
en cause ses idéologies… ! Ton père a un point de vue bien trop limité,
c’est tout… ! Il faut juste le laisser mariner et il se calmera un
peu… !
- Je savais bien qu’il réagirait comme
ça… ! C’est pour cela que je ne voulais pas lui en parler… !
- Tout le monde n’a pas le même état d’esprit
qu’Albus Dumbledore… ! Il pensait que tout le monde à le droit de tenter
sa chance…, raison pour laquelle il a, une fois directeur, permis à ces enfants
dotés de pouvoirs magiques et issus de familles moldues d’entrer à
Poudlard… ! Le collège ne serait pas le même sans lui… ! Quoi qu’il
en soit, tu aurais été bien obligé de lui en parler un jour, à ton père,
non ? »
James haussa les
épaules.
«- En tout cas,
j’aime Lily et je me moque de se qu’il pense… ! Il ne m’empêchera pas
d’être avec elle… ! Il n’a qu’à me déshériter s’il le veut… !
- Jimmy… ! soupira sa mère. Tu ne penses
pas ce que tu dit…, tu es simplement en colère… ! intervint-elle,
calmement. Ecoute, n’y pense plus et va plutôt aller t’occuper de tes invités,
d’accord ? »
* * * * *
Malheureusement, dès
le lendemain, la situation s’aggrava pour l’adolescents. Lily ayant passé
l’après-midi dans sa chambre à faire ses devoirs (au grand dépit de James), les
quatre garçons avaient opté pour une petite séance de vol… Vers dix-huit
heures, alors qu’ils revenaient du jardin, la bonne humeur des garçons retomba
en voyant leur amie quitter le bureau de Franck Potter, l’air effondré.
« Lily… ? »
s’inquiéta James en se ruant vers elle.
A la plus grande surprise
de l’adolescent, mais aussi des trois autres, elle le gifla sans aucune raison
apparente. Décontenancé, il recula.
« Je te faisais
confiance… ! s’écria-t-elle. Et toi tu… ! JE TE DETESTE ! »
Sur ce, elle tourna les talons et quitta les lieux, sous le regard
médusé des garçons qui étaient trop stupéfaits pour réagir.
«- Euh… ! C’est
une impression ou j’ai raté quelque chose ? commenta Sirius, interloqué.
- Mais qu’est-ce qui lui prend ?
s’étonna Harry. James, ça va ? ajouta-t-il en remarquant le teint livide
de son ami.
- Il… Il n’a quand même pas osé… ?
souffla ce dernier, les yeux brillants de colère.
- James… ? Qu’est-ce qui… ? s’inquiéta Remus.
- James, qu’est-ce que tu vas… ?
commença Sirius.
- Réglez des comptes avec mon père… ! »
déclara son ami, en gagnant le bureau de l’intéressé, sous le regard dubitatif
des trois autres.
* * * * *
Sans même prendre la
peine de frapper, James ouvrit violemment la porte qui heurta durement le mur.
Franck, penché sur un parchemin, à son bureau, ne marqua pas le moindre
tressaillement et leva son visage impassible vers l’arrivant.
«- Où sont donc
passées tes bonnes manières ? lâcha-t-il froidement.
- Qu’est-ce que vous lui avez fait ?
répliqua, durement, l’adolescent.
- Pourrai-je savoir de qui tu parles… ?
- Vous savez très bien de qui je veux parler,
père… ! Lily est sortie, à l’instant de votre bureau et m’en veut pour une
raison que j’ignore… ! QU’EST-CE QUE VOUS LUI AVEZ FAIT ? »
Franck esquissa un
petit sourire satisfait qui aurait quelque peu surpris James s’il n’avait pas
été aussi furieux.
«- Au moins, elle
obéit aux ordres, elle ! commenta Franck.
- Qu’est-ce que vous lui avez dit ?
insista l’adolescent.
- Il me semblait pourtant avoir été assez
clair, non ? Je ne veux pas que tu fréquentes des Moldus… !
- Qu’est-ce que vous lui avez dit ?
répéta James, les yeux brillants de colère.
- Je lui ai simplement fait comprendre que tu
n’avais pas à traîner avec une fille comme elle ! » répliqua nonchalamment
Franck, en s’intéressant à nouveau à ce qu’il faisait avant l’irruption de
James.
Mais celui-ci,
accusant le coup, n’était pas décidé à en rester là. Tremblant de rage, il
s’avança et s’empara du parchemin qui se trouvait sur le bureau et le jeta
négligemment au sol.
«- Maintenant, vous
allez peut-être m’écouter… ! lâcha froidement James, alors que son père
relevait les yeux vers lui.
- Je ne veux pas que tu fréquentes des filles
aux origines aussi déplorables ! Fin de la discussion ! Maintenant,
sors de ce bureau… !
- Non ! riposta James. Vous n’avez pas
le droit de me dire qui je dois fréquenter ou pas…, et encore moins qui je dois
aimer ou pas… ! J’aime Lily et je n’en ai rien à faire qu’elle soit
d’origine moldue ! Je l’aime, c’est tout… !
- Ne dis pas ce que tu t’apprêtes dire,
James ! l’avertit d’un ton dur son père.
- Je me fiche de ce que vous en pensez, je
l’aime et rien ne m’en fera démordre ! Rien… ! Pas même vos
opinions… ! Je ne veux plus suivre vos idéologies… ! Je suis
peut-être un Potter mais je suis avant tout une personne qui a des sentiments
que je ne peux renier… ! Je refuse d’être un simple Potter parmi tant
d’autre, de rentrer bêtement dans le moule de votre intolérance, père… !
Je ne vous laisserai plus me dicter ma conduite…. !
- Tais-toi… !
- Non, je ne me tairai pas… ! Pas après
avoir oser vous attaquer directement à Lily…, et dans mon dos en plus de
cela… ! Elle appartient, comme vous et moi, à la communauté sorcière…,
elle est une sorcière à part entière, et cela quelques soit ses
origines… ! Et si j’en viens à faire ma vie avec elle, je le ferai… sans
aucune hésitation…, quoi que vous puissiez en penser… ! Jamais je ne vous
permettrait de lui faire du mal, de la blesser comme vous avez très certainement
dû le faire… !
- Tu es la honte de la famille, James… !
Tu déshonore ton nom, celui de tes ancêtres… et veux-tu ruiner, par ton
égoïsme, des années de sacrifices… ?
- Ce n’est pas moi qui suis égoïste,
père… ! C’est vous… ! Vous ne voyez que votre intérêt personnel…, que
rester un nom honorable… ! Mais cessez de vous voiler la face,
père… ! Désormais la quasi-totalité des familles sorcières, non seulement
en Grande-Bretagne mais aussi dans le monde entier, ont du sang moldu dans leur
lignée…, mais cela ne les rend pas pour autant moins respectables… !
poursuivit James. Vous ne m’empêcherez pas d’aimer qui je veux et de faire ce
que bon me semble de ma vie… !
- Sors d’ici, immédiatement, ou je te
déshérite !
- Je ne bougerai pas d’ici… ! cingla
James, les bras croisés, les yeux brillants d’une détermination farouche. Quoi
que vous puissiez me dire ou me faire ne suffira pas à me faire taire… !
Lily compte plus pour moi que tout l’or du monde… ou que vos beaux
parlers… ! Je déteste la façon dont vous vous efforcez de diriger ma vie,
père… ! Je VOUS déteste !
- Je vais t’apprendre à respecter tes
aînés… ! répliqua durement Franck en se levant.
- Franck, je t’interdit de le toucher… !
intervint froidement une voix sur le seuil de la porte.
- Lizzie, n’en rajoute pas… ! Ce n’est
pas le moment… ! riposta le concerné.
- Oh si, c’est le moment… ! J’en ai
assez de te voir te défouler sur ton fils sans rien dire… !
rétorqua-t-elle en s’interposant entre son fils et son mari. James, sors d’ici
veux-tu ? »
L’adolescent voulu
répliquer mais se ravisa et quitta vivement les lieux, n’ayant pas le cœur à
protester à cet ordre de sa mère, et alla s’enfermer dans sa chambre, ignorant,
délibérément, Sirius qui se trouvait pourtant dans le couloir, et sans
apercevoir aucune trace de Lily. Son cœur se serra à cette simple pensée. Gaïa,
semblant sentir que son maître n’était pas d’humeur, alla se réfugier dans la
salle de bain, alors que l’adolescent se laissait choir sur le balcon, adossé à
la rambarde.
«- Je le hais, je le
hais ! Il n’avait pas à me faire ça… ! Il n’avait pas le droit !
s’écria-t-il, une fois seul.
- James…, ce n’est pas comme ça que tu
arrangeras les choses… ! »
L’intéressé,
tressaillit pas releva à peine les yeux vers son meilleur ami qui se tenait
devant lui.
«- Mon père a tout
foutu en l’air… ! se désespéra James. Lily m’en veut et ne veut plus
m’adresser les paroles… à cause de lui… !
- Elle a juste été
blessée par ce que ton père a dû lui dire…, tu la retrouveras ta Lily, ne
t’inquiète pas… ! Parole de Sirius Black… !
- Comment peux-tu en être aussi sûr… ?
grommela James, la tête entre les mains.
- Je ferai tout pour que vous reveniez
ensemble… ! lança fermement Sirius, en s’asseyant à côté de son ami. Et
Remus et Harry sont du même avis que moi…, sauf qu’ils ont compris quelque
chose avant moi… !
- Et qu’est-ce qu’ils ont compris avant
toi ?
- Et bien…, tu vois, au début, je crois que
j’étais un peu jaloux… ! J’avais peur de perdre mon meilleur ami… !
Je craignais que, quand tu serais avec Lily, tu passerai moins de temps avec
nous… ! Mais j’ai finalement compris ce que ma jalousie m’empêchait de
voir… ! Si tu es heureux avec elle… et bien, mon devoir de meilleur ami
est de tout faire pour que tu sois heureux… ! »
James fixa son ami.
«- Tu étais vraiment
jaloux du fait que je passais tant de temps avec Lily… ? s’étonna-t-il.
- Je crois… !
- Alors… ? C’est pour ça que tu étais
aussi râleur ces derniers temps… ?
- Je suppose… ! » concéda Sirius.
James sourit.
« Sirius,
j’aime Lily, de tout mon cœur… ! Mais toi, tu seras toujours mon meilleur
ami, quoi qu’il advienne… ! Tu es comme un frère pour moi et notre amitié
est l’une des choses qui comptent le plus pour moi… ! »
Sirius sourit à son
tour puis James retroussa sa manche gauche, révélant une longue marque
blanchâtre qui s’étalait sur toute la longueur de son avant-bras. Sirius sourit
à nouveau et fit de même, révélant une marque similaire.
«- Tu t’en
souviens ?
- Comme si c’était hier… ! approuva
Sirius.
- Et tu te rappelles de ce qu’on s’était dit
ce jour-là ?
- Bien sûr… ! confirma Sirius en
souriant un peu plus largement. “Toujours ensemble dans le bonheur…
- Toujours ensemble dans la souffrance et le
malheur…
- Et si nous venions à être séparés… !
- Nous finirons toujours par nous retrouver… !” conclut James en souriant. Rien ne gâchera notre amitié,
mon vieux Patmol, tu en as ma parole ! »
Il y eut un moment
de silence, alors que tous deux rabaissaient leur manche.
«- Où sont Remus et
Harry ? demanda, finalement, James.
- Avec Lily… ! Ils la calment… avant que
tu n’ailles la voir… ! Après tout, Harry sait y faire avec elle… !
- Je sais… ! acquiesça James en
souriant. Comme la fois où elle est venue te gifler, par exemple… !
- Par exemple ! » concéda Sirius en
souriant également, mais avec mauvaise grâce.
James perdit
brutalement son sourire et s’assombrit.
«- Je ne veux pas la
perdre, Sirius ! Je ne veux pas la perdre à cause de mon père !
- Tu ne la perdra pas, Jamsie… !
- Tu as notre parole ! »
* * * * *
Les deux
sursautèrent et se retournèrent pour apercevoir Harry et Remus qui se tenaient
devant eux, l’air amusé.
«- Vous n’étiez pas
sensé être avec Lily ? s’étonna James.
- Ben, on en viens… ! On était avec elle
mais ta mère nous a fait décamper… en nous faisant remarquer que c’était une
conversation…“entre filles”… ! commenta Harry en esquissant une légère
moue qui fit sourire les autres.
- Ma mère est avec Lily ?
- Effectivement… ! » confirma
Harry.
Un autre moment de
silence s’instaura entre eux.
«- Je vais aller la
voir… ! décida James au bout d’un moment.
- Tu ferais bien… ! approuva Harry.
Mais, tu sais, ton père lui a vraiment brisé le cœur… ! ajouta-t-il.
- Je m’en doute… ! grommela James en se
levant.
- Et…, elle aurait aimé que tu lui en parle…,
que tu lui explique la situation…, avant qu’elle ne soit confronté, directement
au problème…, autrement dit ton père… ! ajouta Remus.
- Il n’est plus mon père… ! Il ne l’a
jamais vraiment été…, du moins, pas de mon point de vue… ! rétorqua
sèchement James. Bon, quoi qu’il en soit, je vais essayer de réparer les
dégâts… ! continua-t-il. Au fait, où est Lily ?
- Regarde un peu par là-bas ! »
répondit Remus en souriant, et en désignant le jardin.
James obtempéra et
sourit.
« Ok,
merci ! »
Sur ce, il se pencha
par dessus la balustrade du balcon qu’il finit par enjamber, sous le regard de
ses amis.
« Je vois que tu
préfères prendre ta…“sortie de secours” ! » plaisanta Sirius.
James sourit et
disparu de leur vue. Les trois autres se hâtèrent de se pencher par dessus la
balustrade, juste à temps pour voir leur camarade descendre le long du mur.
«- Franchement, ce
gars-là ne cessera de m’étonner… ! observa Sirius. Escalader ce mur ce
n’est déjà pas une partie de plaisir…, mais le descendre… ! La seule fois
où j’ai essayer de le faire, ben…, je me suis retrouvé un peu plus brutalement
que prévu, par terre… !
- En d’autre termes, tu t’es cassé la figure… !
traduisit Remus en souriant, alors que Harry éclatait de rire.
- Alors que lui, il se fait la descente comme
si c’était la chose la plus facile du monde… ! » grommela Sirius,
alors que leur camarade atteignait “la terre ferme” et leur adressait un bref
signe de la main.
* * * * *
James, s’efforçant
d’étouffer son anxiété, traversa le jardin et gagna le petit lac, où sa mère
semblait en grande conversation avec Lily. En se rapprochant, il vit sa mère
serrer la jeune fille contre elle, probablement pour la réconforter.
Il se figea, ne
sachant pas trop quoi faire. Au bout d’un moment, sa mère leva les yeux et,
l’apercevant, esquissa un léger sourire, avant de murmurer quelque chose à Lily
qui acquiesça d’un signe de tête et s’écarta en s’essuyant les yeux. James,
comprenant le sous-entendu assez explicite de sa mère, s’avança à nouveau,
alors que cette dernière se levait.
Elizabeth sourit à
nouveau à son fils, avant de partir en direction du manoir. James inspira, puis
décida de se lancer.
« Lily… !
Ca te dérange si… ? »
Elle répondit d’un
signe de tête négatif, les yeux obstinément fixés sur la surface du petit lac.
James vint s’asseoir à côté de la jeune fille et un instant de silence retomba
entre eux.
« Je… ! »
commencèrent-ils, en chœur.
Tous deux
s’interrompirent, embarrassés.
«- Vas-y
commence ! suggéra James.
- Non, toi d’abord… !
- Ah ton, toi d’abord… ! Galanterie
oblige… ! »
Lily leva les yeux,
rougis, vers lui et eut un léger sourire.
« Vous, les garçons,
vous ne parlez de galanterie que lorsque ça vous arrange… ! » se
moqua-t-elle.
James sourit et se
contenta de hausser les épaules. Lily grimaça et soupira.
«- James, je suis
désolée de t’avoir giflé, tout à l’heure… ! murmura-t-elle, en détournant
à nouveau les yeux. Je ne pensais pas vraiment ce que je t’ai dit… ! C’est
juste que… !
- Tu n’as pas à te justifier… ! répondit
calmement James. J’aurai dû t’en parler…, de mon père… !
- Oui… ! confirma-t-elle avant de lever
à nouveau les yeux vers lui. Tu sais…, ce n’est pas vraiment ce qu’il m’a dit
qui m’a fait le plus de peine…, mais le fait que…, toi, l’une des personnes en
qui j’ai le plus confiance, tu aies pu me cacher ça… ! Pourquoi tu ne m’as
pas dit que ton père ne voulait pas que… ?
- Je suis désolé, Lily !
Sincèrement… ! Je croyais bien faire en évitant de t’en parler… ! Tu
avais déjà assez de soucis comme ça sans que tu aies à te soucier des à priori
que mon père avait sur toi… ! Et je ne pensais pas qu’il irait jusqu’à te
parler en face… ! Mais il n’en a pas après toi personnellement… ! Il
ne veut seulement pas que… je “fréquente” des Moldus ou des sorciers issus de
ces familles… !
- Le respect de la pureté du sang Potter, je
suppose ! ironisa-t-elle.
- Oui ! admit James avec mauvaise grâce.
Mon père est… très traditionaliste… et il a des idées très arrêtées sur ce qui
concerne les membres de la lignée Potter… ! ajouta-t-il, l’air sombre.
- Mais…, dans ce cas, pourquoi es-tu sortit
avec moi si tu savais que ça énerverais ton père ?
- Parce que…, je t’aime…, c’est tout… !
Et ça, mon père refuse de le comprendre ! Tu es formidable, Lily, je
t’aime de tout mon cœur et je me fiche totalement de tes…origines !
répliqua simplement James.
- Je t’aime aussi, James ! Mais… c’est
juste que je ne veux pas que tu aies des problèmes, simplement à cause de
moi… !
- Il peut continuer à me menacer autant qu’il
veut, je m’en fiche ! riposta James. Et puis, d’ici quelques mois, j’aurai
dix-huit ans et je serai totalement libre de mes décisions…et il n’aura plus
son mot à dire… ! »
Lily garda le
silence puis soupira douloureusement.
«- Est-ce que tu me
pardonnes, pour la gifle… ?
- Bien sûr… ! C’est déjà oublié… et
pardonné ! » assura-t-il en souriant et en passant un bras autour de
ses épaules.
Elle sourit à son
tour et vint se blottir contre lui.
«- En y repensant,
c’est un peu, en quelque sorte, une grande marque d’amour, non ?
reprit-elle au bout d’un moment.
- De quoi ?
- Ben que tu sortes avec moi, malgré ton
père… ! Je veux dire, si tu ne m’aimais pas vraiment, tu n’aurais pas pris
le risque de subir les foudres de ton père… !
- Mais qu’est-ce que tu t’imagines
Lily… ? Bien sûr que je t’aime vraiment… ! Je te l’ai déjà bien assez
prouvé, non ? Et pour mon père, il se trouve juste que je n’apprécie pas
l’idée qu’il se fait de toi et ça, je ne peux pas le laisser faire sans rien
dire ! Et puis, lorsqu’il s’en prend à toi…, il s’en prend aussi à moi par
la même occasion… ! »
Lily sourit et se
serra un peu plus contre lui, alors qu’il l’enlaçait étroitement.
«- Ta mère m’a dit
que tu avais provoqué une véritable révolution chez toi… ! lâcha-t-elle
finalement.
- C’est bien possible… ! Mais c’était
nécessaire… ! répondit James. Et je le referai autant de fois qu’il le
faudra… !
- Je ne t’en demande pas tant, tu
sais… ! observa-t-elle en levant les yeux vers lui.
- Pour toi, je suis prêt à tout, ma Lily
jolie ! » murmura-t-il en l’embrassant sur le front.
Elle sourit
brièvement et se redressa pour déposer un bref baiser sur les lèvres de son
petit-ami qui sourit et vint lui rendre la pareille.
« Et si on
rentrait ? » suggéra-t-il finalement, lorsqu’ils se séparèrent.
Elle hésita un bref instant
et acquiesça. Sur ce, il se releva et lui tendit la main qu’elle accepta avec
plaisir, pour la remettre debout. Cela fait, il ne lâcha pas sa main, nouant
étroitement leurs doigts, et l’embrassa à nouveau.
« Je t’aime,
Lily, n’oublie jamais ça, d’accord ? »
Elle sourit et tous
deux regagnèrent le manoir Potter, main dans la main.
Le reste de la
soirée fut relativement calme, du fait que Franck ne se soit plus manifesté, au
plus grand soulagement des adolescents.
* * * * *
La journée du 31 décembre
s’écoula tout aussi tranquillement, Franck s’étant absenté pour régler les
derniers détails de sa “soirée d’affaire”… ! Les Elfes de Maison
s’affairant dans le Manoir en vue de la soirée qui allait s’y dérouler, les
adolescents préfèrent, une fois de plus, passer leur journée dans le jardin.
Mais, en début d’après-midi, Sirius s’absenta en déclarant qu’il allait régler
les derniers détails de la soirée et qu’il reviendrait lorsque tout serait
prêt. Mais, Franck étant revenu vers 17 heures, les adolescents s’étaient
réfugiés dans la chambre de James et en profitèrent pour se préparer pour la
soirée.
« Eh,
Jamsie… ! »
Les adolescents
cessèrent la partie de bataille explosive à laquelle ils avaient commencés à
jouer.
«- On dirait que
Sirius est là ! observa l’intéressé en se levant pour gagner le balcon et
se pencher par dessus la balustrade… pour découvrir, en contrebas, Sirius en
compagnie d’une bonne partie des membres de sa famille, ayant plus ou moins
leur âge…
- Déjà là, Sirius ? ironisa-t-il. Il est
déjà 20 heures je te signale… !
- Je sais… ! riposta ce dernier. Mais on
a eu un petit contre-temps… ! ajouta-t-il, en jetant un regard noir à
Pollux qui leva les yeux au ciel et prit un petit air innocent, alors que James
éclatait de rire.
- Je préfère ne pas savoir ce qu’il est allé
faire… ! commenta James, amusé.
- Vaut mieux pas… ! grommela Sirius.
Alors, vous êtes prêts… ?
- Depuis le temps qu’on vous attend, bien sûr
qu’on est prêts… ! confirma James. Attendez-nous devant l’entrée, on vous
rejoint tout de suite… ! »
* * * * *
Les quatre
adolescents descendirent et se glissèrent dans l’entrée, rencontrant au passage
quelques invités de Franck qui saluèrent aimablement les adolescents. Harry fut
quelque peu surpris en apercevant, parmi eux, un visage familier… qui n’était
autre qu’un Maugrey Fol Œil nettement moins couturé que dans ses souvenirs (ce
qui paraissait quelque peu normal, non ?), mais il revint à la réalité
alors que les quatre jeunes quittaient la maison.
* * * * *
Ils
sortirent sur le perron dans la fraîcheur de la nuit, où Sirius et compagnie
les attendaient, et contournèrent la maison pour emprunter un chemin escarpé
qui serpentait entre les landes sauvages. Le chemin était étroit et tortueux et
ils avançaient les uns derrière les autres en plaisantant joyeusement. Seuls
James et Lily, qui fermaient la marche, s’étaient arrangés pour rester côte à
côte en se tenant la main. Après plus d’un quart d’heure de marche, James
resserra un peu plus la main de Lily qu’il n’avait pas lâchée depuis leur
départ.
« Regarde ! »
dit-il doucement à l’oreille de la jeune fille en l’obligeant à se retourner.
Lily
resta sans voix. Ils avaient gravit une première colline et le paysage qui
s’étalait sous leurs yeux était splendide. Les lumières du village en contrebas
scintillaient à la lueur de la lune et la campagne enneigée frémissait
doucement au gré d’une brise légère. Les cheminées des maisons minuscules,
encore éclairées des guirlandes lumineuses de Noël, lâchaient des volutes de
fumée blanche et l’on devinait l’ambiance chaleureuse des familles réunies
autour du repas du nouvel an. La beauté du spectacle invita les deux
adolescents à se serrer un peu plus l’un contre l’autre et ils contemplèrent la
vallée aux allures de carte postale sans un mot.
«- C’est mon
petit secret, avoua James à voix basse en sentant frémir Lily à ses côtés.
Quand j’étais plus jeune, je venais souvent ici, je m’asseyais par terre et je
restais des heures entières à attendre le coucher du soleil. Aujourd’hui il est
un peu tard pour ça mais, un jour, il faudra que tu voies ça… !
- C’est magnifique, murmura Lily dans un
souffle.
- Eh, les amoureux ! Vous venez ?
lança Sirius en regardant le jeune couple d’un air amusé.
- Oh, j’avais presque oublié pourquoi on
était là ! dit James en revenant à la réalité. Celui-là, il n’a pas son
pareil pour casser une ambiance romantique ! »
Lily ne
répondit pas et plongea son regard d’un vert intense dans les yeux du jeune
homme en lui adressant un sourire complice. Ils reprirent leur chemin et
rejoignirent les autres.
- Ah ! mais qui voilà ? plaisanta
Orion. Les tourtereaux qui pensaient pouvoir nous fausser
compagnie ! »
Les moqueries
allaient bon train et le petit groupe entreprit l’ascension d’une autre
colline. Ils descendirent enfin dans une vaste clairière où les premiers
arrivés attendaient les retardataires. Harry fut surpris de découvrir l’immense
étendue enneigée où rien n’annonçait qu’une fête allait s’y dérouler. Remus,
qui fut le premier à remarquer son étonnement, s’approcha de lui.
«- On
n’est pas tout à fait arrivé ! lui expliqua-t-il à voix basse. Nous avons
l’habitude de nous réunir dans un lieu incartable…un peu
comme Poudlard. Tu sais ce que cela signifie ?
- Oui,
répondit Harry qui commençait à comprendre. Je me disais aussi… ! »
Plusieurs
adolescents se rassemblaient déjà et tous formèrent rapidement une sorte de
ronde en se tenant par la main tandis que Véga, Sélénite et Alizée (une amie de
Véga) disposèrent des pierres, qui dégageaient une douce lumière ambrée, à l’extérieur
du cercle et se joignirent aux autres.
« Tout
le monde est prêt ? » demanda Sirius.
Des
murmures d’approbation parcoururent le cercle.
« Bon,
alors qui veut prononcer l’incantation ? » reprit-il.
Un mouvement enthousiasme parcouru le
cercle, alors que quelques adolescents se proposaient, sous le regard à la fois
intrigué et attentif de Harry et Lily qui en novices” de ce
genre de cérémonial, se contentaient d’attendre la suite des évènements, tandis
que Procyon, Lyra, Clara (une cousine de la demi-sœur d’Alizée, d’après ce que
Harry en avait comprit), Pollux et Alénora (la fille d’une grande-tante de la
sœur d’une des tantes de Sirius) s’éclaircissaient la gorge avant de réciter,
en chœur, ladite incantation :
“Réunis
ce soir en ce lieu simple et pur
Nous
invoquons la magie du plus profond des siècles
Par les
temps passés, présents et futurs
Qu’elle
nous montre la voie que nous voulons connaître.”
Un
souffle de vent s’éleva de nulle part et un chant mélodieux parcourut la
clairière tandis que les pierres dégageaient une intensité lumineuse
intermittente de plus en plus puissante, comme si elles étaient animées d’une
vie soudaine. Puis, tout s’arrêta subitement et Harry vit apparaître un sentier
tracé par une multitude de feux follets qui flottaient à quelques centimètres
du sol. Ils apparurent d’abord tout près du cercle et d’autres se formèrent à
leur tour en serpentant à perte de vue.
«-
Sésame a parlé ! lança Sirius en brisant le cercle et en s’engageant sur
le sentier, bientôt imité par les autres.
- Le sentier n’apparaît jamais au même
endroit, expliqua Remus à Harry. Et il ne va jamais dans la même direction.
Viens ! »
Harry,
bouche bée, suivit les autres sans un mot et tous reprirent leur chemin en
continuant leurs conversations enjouées. Après une dizaine de minutes, ils
arrivèrent aux pieds d’un gigantesque dôme d’un blanc opaque où l’on voyait
s’animer à l’intérieur les silhouettes des adolescents qui finissaient de
mettre en place les derniers préparatifs. Le dôme se fendit en une porte à
l’approche du petit groupe et tous entrèrent à l’intérieur. Une douce chaleur
emplissait l’atmosphère et le froid de l’hiver ne
semblait pas pouvoir pénétrer ce lieu enchanteur. Une multitude de petites fées
lumineuses, à peine plus grandes que des pétales de roses, voletaient gaiement
sous la voûte protectrice. Elles offraient la seule source de lumière dans le
dôme et remplaçaient avec originalité les étoiles qu’on ne pouvait apercevoir.
« Ce
sont des fées des bois ! annonça Lily à Harry qu’elle venait de rejoindre.
Elles sont nombreuses dans la région, seulement il faut être patient pour les
surprendre dans leur milieu naturel car elles sont très discrètes ! »
De
longues tables recouvertes de nappes blanches offraient de nombreux plats, des
gâteaux, des friandises et des coupes de fruits. Des éclats de rires
résonnaient de toutes parts et tous ceux déjà présents vinrent accueillir
chaleureusement les nouveaux venus.
Un
groupe d’adolescents, installé dans un coin, jouait des airs aux rythmes
endiablés sur des violons, un peu à la manière des Pipe-Bands irlandais, alors
que d’autres marquaient le tempo avec des cuillères placées dos à dos qu’ils
faisaient claquer sur leurs genoux. Quelques enfants formaient des farandoles,
d’autres dansaient autour d’un feu de camp magique, au centre du dôme, qui ne
dégageait aucune fumée et semblait s’alimenter sans aucune intervention. Un peu
plus loin, deux longues rangées de filles et de garçons avançaient et
reculaient les uns vers les autres dans une série de petits pas de danse
compliqués, les mains posées sur leurs hanches.
« Bienvenue à
notre petite fête de fin d’année… ! » lança joyeusement James.
Le petit groupe
s’avança. Au même instant, Arcturus, un des cousins de Sirius qui avait été
chargé de préparé la fête, grimpa sur une estrade aménagée à l’autre bout du
dôme.
« Et voilà
enfin ceux à qui nous devons la brillante idée de faire cette fête
aujourd’hui ! lança-t-il joyeusement, d’une voix magiquement amplifiée.
Alors, offrons leur donc un accueil digne de ce nom et…que la FÊTE COMMENCE
REELLEMENT ! »
* * * * *
La soirée était déjà
bien avancée et l’ambiance était vraiment à la fête. La musique prit soudain un
rythme plus dynamique que jusqu’à présent, alors que Sirius, Remus, Harry,
James et Lily discutaient de tous et de rien avec Arcturus et Orion, assis à
l’une des tables.
« Trop
génial… ! J’adore cette musique… ! s’exclama Sirius en se levant d’un
bond, alors que son cousin et son frère filaient déjà sur la piste de danse.
Allez, venez ! »
Il attrapa Remus par
un bras et James de l’autre, ce dernier entraînant Lily à sa suite. Harry, lui,
resta bien sagement à sa place, comme à chaque fois qu’il s’agissait de danser.
«- Allez, viens
Harry ! lança James, en revenant vers lui, en compagnie des autres.
- Euh, non merci… !
- Allez… ! C’est la fête… ! On est
là pour s’amuser… ! Allez viens ! le pressa Sirius.
- Euh, non, c’est bon… ! Je ne sait pas
danser… !
- Bah allez, on n’a pas une telle occasion
tous les jours… ! insista Sirius.
- Il n’y a pas besoin de savoir
danser… ! certifia Remus. Pour faire ça, il suffit de… suivre le
mouvement… ! Tu verras, c’est facile… !
- Et puis, on ne bougera pas d’ici tant que
tu n’auras pas dit oui… ! précisa James.
- Eh… ! protesta Sirius. J’veux danser
moi… !
- Et bien, faudra voir ça avec Harry… !
rétorqua James en souriant. Parce que je te promet qu’aucun de nous n’ira sur
la piste tant que Harry ne viendra pas… ! »
Sirius écarquilla
les yeux, constatant que son ami ne plaisantait pas…
« HARRY… !
Tu peux pas me faire ça… ! s’écria-t-il. Je t’en supplie, Harry, viens
avec nous… ! J’adore cette chanson… ! »
Harry ne put
réprimer un éclat de rire face au ridicule de la situation.
«- Bon, ça va, tu as
gagné… ! Mais je ne viens que parce que tu me fais vraiment pitié… !
céda-t-il en se levant.
- OUAIS… ! »
Sur ce, Sirius l’attrapa
par le bras et l’entraîna vivement vers la piste, suivit par les autres.
* * * * *
Le petit groupe
d’adolescents, les joues rosies, quitta joyeusement la piste de danse. Sirius
et Harry se laissèrent choir, une fois encore, à l’une des tables.
«- Tu vois, tu ne
t’en tirais pas si mal que ça, Harry ! commenta Remus en souriant, tout en
prenant des Bièraubeurres.
- Je dois admettre que c’était plutôt
amusant… ! concéda Harry, amusé. Merci, Remus ! ajouta-t-il en
prenant avec reconnaissance la bouteille qu’il lui tendait.
- Ca tu l’as dit… ! Tu vois qu’on a eu
raison de te forcer la main pour venir danser avec nous et… ? Eh, où
est-ce que vous allez comme ça, tous les deux… ? s’exclama soudain Sirius,
en se levant d’un bond, en voyant James et Lily s’éloigner discrètement.
- On va faire un tour… ! répliqua son
meilleur ami.
- On n’est pas assez bien pour vous c’est
ça ? riposta Sirius, faisant mine d’être offensé.
- Bien sûr que non ! rétorqua James. On
va juste prendre l’air… !
- Ouais, ouais, c’est ça… ! »
grommela Sirius en se laissant retomber sur sa chaise.
* * * * *
L’un contre l’autre, James ayant passé
un bras autour de la taille de sa petite-amie, tous deux marchaient, sans un
mot, s’éloignant un peu plus du lieu des festivités.
« Lily…,
- Oui… ? répondit-elle aussitôt, levant les yeux vers lui.
- Tu te rappelles que, il y a quelques mois, tu m’avais demandé si
je croyais en l’amour aveugle et passionnel de Roméo et Juliette ?
- Euh, oui bien sûr… ! Pourquoi ? s’étonna la jeune
fille.
- Et bien, tu vois, j’ai beaucoup réfléchi
sur la question ces derniers temps et, tout compte fait, je crois qu’il est
possible d’aimer quelqu’un au point de tout donner…, même sa vie…, pour cette
personne… ! Quand Juliette parlait de renier son père et rejeter le nom
qu’il lui a transmis, je n’aurai jamais crû qu’une telle chose puisse vraiment
arriver… ! Mais, tu sais, désormais, j’ai trouvé quelque chose qui
représente tout pour moi… qui n’a rien de comparable à un nom… à une tradition
ou à une renommée… ! Rien de tout ça n’a d’importance…, contrairement à
l’amour ! Ton amour vaut plus pour moi que tout l’or du monde…, et, quoi
qu’en dise mon père, il ne pourra pas m’empêcher de t’aimer… ! Alors oui…,
je suis prêt à tout abandonner pour toi…, je donnerai même, sans aucune
hésitation, ma vie pour toi s’il le fallait… ! ajouta-t-il, soutenant le
regard troublé de Lily.
- Oh…, James… ! murmura-t-elle en venant
se serrer contre lui. Je ne t’en demande vraiment pas tant… ! ajouta-t-elle
en levant à nouveau les yeux vers lui, sans quitter son étreinte et en souriant
légèrement. Mais tu crois vraiment que ton père mettrait ses menaces à
exécutions ?
- Le connaissant…, oui… ! Mais, je m’en
fiche, tu vaut plus pour moi que tout l’or du monde… !
- Même plus que le Quidditch ?
plaisanta-t-elle.
- Même plus que le Quidditch… ! »
assura-t-il avec aplomb.
Lily sourit, amusée,
et vint prendre possession des lèvres de son petit-ami, ce à quoi il répondit
avec plaisir, resserrant son étreinte pour la rapprocher de lui.
«- Je t’aime de tout
mon cœur, Lily jolie ! murmura-t-il finalement, lorsqu’ils s’écartèrent.
- Je t’aime tout autant, James… ! »
répondit-elle avant de l’embrasser à nouveau.
Tous deux restèrent
un long moment dans les bras l’un de l’autre. De l’endroit où ils se
trouvaient, ils entendirent que, au dôme, les autres jeunes avaient établi un
compte à rebours qu’ils scandaient à voix haute…
«- Il est bientôt
minuit… ! commenta James.
- Oui… ! On devrait peut-être rejoindre
les autres, non ?
- Pourquoi ? On est bien là…, rien que
tous les deux, non ? »
Elle lui répondit
par un petite sourire.
* * * * *
« CINQ… !
QUATRE… ! TROIS… ! DEUX… ! UN… ! VIVE LA NOUVELLE
ANNEE ! »
Des cris, des
acclamations, des embrassades…, et la musique repartit de plus belle…
«- Tiens, j’aurai
pensé que James et Lily seraient revenus pour l’occasion… ! commenta
Remus.
- Bah, ils doivent être…occupés…, dans leur
coin… ! plaisanta Sirius. N’empêche, j’aimerai bien savoir où ils sont
passés.
- Ils ont quand même le droit d’avoir un peu
d’intimité non ? répliqua Remus.
- Je suis du même avis que Remus… !
acquiesça Harry. Et si on retournait danser… ?
- Oh oh ! On dirait que Harry n’est pas
dans son état normal… ! plaisanta Sirius. Mais mieux vaut en
profiter… ! »
Sur ce, il attrapa
ses deux amis par le bras et les entraîna vers la piste de danse.
* * * * *
Minuit passé, James et Lily étaient
tous deux allongés, sur le dos, l’un à côté de l’autre dans une petite
clairière enneigée, à bonne distance du lieu où se déroulait la soirée. Le
ciel, clair et dégagé, était constellé d’étoiles. Aucun d’eux ne disait mot,
perdus dans leurs pensées. Finalement, ce fut Lily, la tête posée contre
l’épaule de son ami, qui brisa le silence, dans un léger soupir.
«- Qu’est-ce qu’il y a ? s’enquit
aussitôt James.
- Oh, rien… ! C’est juste que, en regardant les étoiles, je
me demandait… ! Tu sais, une croyance moldue dit que quand les gens meurent,
leur âme devient une étoile qui reste là, pour guider ceux qu’ils aimaient du
temps où ils étaient encore parmi nous… ! C’est pour cela que certaines
étoiles nous paraissent plus brillantes que d’autres… ! Tu crois que c’est
vrai… ?
- Je ne sais pas… ! Mais, dans ce cas, ça irai à l’encontre
de ce que le professeur Sinistra nous enseigne depuis notre première année à
Poudlard… ! plaisanta-t-il.
- Oui… ! admit la jeune fille en souriant. Non, sérieusement,
James… !
- Eh bien, franchement, je ne sais pas… ! Je ne me suis
jamais vraiment posé la question de savoir ce que l’on devenait après la
mort… ! Mais j’imaginais plutôt que les défunts finissaient dans…une
espèce de… paradis, ou un, truc du genre… !
- Et… ? Tu crois que, dans ce cas, sorciers et Moldus sont
ensemble… ?
- Ben oui… ! Sûrement… ! Après tout, on est tous
humains, qu’on ait des pouvoirs magiques ou non… ! » commenta-t-il
avec conviction, tout en entourant sa compagne de ses bras.
Le silence revint entre eux, jusqu’à ce
qu’une étoile filante traverse brièvement le ciel, avant de s’éteindre.
«- Il faut faire un vœu… ! murmura
Lily.
- Pardon… ? Tu disais… ? demanda James, en sortant de
ses pensées.
- Ben, quand on voit une étoile filante, il faut faire un
vœu… !
- Encore une tradition moldue… ?
- Oui… ! »
Un nouveau silence revint.
«- Alors, et si tu me disais ce que
c’était comme vœu… ?
- Eh, Lily, en principe un vœu, ça ne se dit pas… ! la
taquina James. Petite curieuse… ! Je vais te montrer ce qu’il en coûte
d’être trop curieuse… ! »
Sur ce, il s’écarta légèrement d’elle,
juste assez pour pouvoir passer au dessus d’elle, les genoux de part et d’autre
de sa taille pour l’empêcher de bouger, et commença à la chatouiller.
« Non, James… ! Arrête !
s’écria-t-elle, sans pouvoir s’empêcher de rire. Arrête, je te
dis… ! »
Il s’interrompit tout de même, mais
resta au dessus d’elle, ses mains, clouant ses bras au sol. Il eut un petit
sourire rusé.
«- Tu veux vraiment savoir ce qu’était
mon vœu… ? lança-t-il, en plongeant son regard dans les yeux verts et
brillants de son amie.
- Je croyais qu’on ne devait pas dire son vœu… !
rétorqua-t-elle, avec malice.
- Ben, j’ai souhaité qu’on soit toujours ensemble, quoi qu’il advienne… !
Qu’on fasse notre vie ensemble et que rien, pas même la mort, ne puisse nous
séparer… ! continua-t-il.
- Sacré programme… ! le taquina-t-elle. Et tu crois vraiment
que… ? »
Elle n’eut pas le temps de finir sa
phrase que leurs lèvres se rencontraient, dans un tendre baiser qui en disait
long sur leurs sentiments respectifs.
«- On devrait
rejoindre les autres, à présent… ! lâcha-t-il au bout d’un moment.
- Déjà ? s’étonna-t-elle.
- Je ne veux pas me laisser
tenter… ! » répliqua-t-il simplement en se levant et en tendant la
main à la jeune fille pour l’inviter à faire de même.
Mais elle resta
assise dans l’herbe, interloquée.
« Te laisser
tenter… ? Mais par quoi… ? »
Il rougit
légèrement.
«- On est rien que
tous les deux… ! lâcha-t-il finalement en haussant les épaules en guise
d’explication et je ne veux pas faire de…euh…bêtises, dirons nous… !
- Oh ! commenta Lily, réalisant le
sous-entendu et en rougissant légèrement à son tour, toujours assise dans
l’herbe. Dis, à ce sujet, c’est vrai que les garçons pensent à ça toutes les
cinq secondes ? »
James vira au rouge
écrevisse.
« Tu poses de
ces questions, toi, je te jure… ! J’en ai aucune idée mais ce n’est pas
mon cas… ! répliqua-t-il. Bon, on y va ? » continua-t-il en lui
tendant toujours sa main.
Lily haussa un
sourcil et esquissa un petit sourire.
« D’accord, tu
as gagné…, je te suis… ! » commenta-t-elle en prenant la main qu’il
lui tendait… avant de le tirer vers elle.
James, pris au
dépourvu, perdit l’équilibre et s’étala de tout son long dans la neige, sous le
rire léger de Lily.
«- Je t’ai
eu… ! lança-t-elle, joyeusement.
- Je commence vraiment à croire que nous
avons une mauvaise influence sur toi, Lily… ! » riposta-t-il, en
souriant néanmoins, alors qu’elle lui sautait dessus, pour le maintenir au sol.
Elle se contenta de
lui répondre par un petit sourire provocateur, avant de l’embrasser.
« Maintenant,
on peut rejoindre les autres… ! » lâcha-t-elle en se remettant
debout.
* * * * *
«- Ah, vous revoilà,
tous les deux ! s’exclama Remus en souriant en les apercevant.
- On commençait à se poser des
questions ! ajouta Harry, amusé.
- On avait juste besoin d’être un
peu…seuls ! répondit simplement James, un bras autour de la taille de sa
petite amie. Où est Sirius ? ajouta-t-il, jetant un regard autour de lui.
- Oh…, là-bas ! répondit, distraitement,
Harry, en désignant la piste de danse. Il essaie de… conclure…avec
Alizée… !
- Oh, il trompe ainsi ouvertement Amy ?
plaisanta James.
- Ben, aux dernières nouvelles, Amy et Sirius
ne sortent pas ensemble, non ? commenta Lily. Mais si elle vient à
l’apprendre, elle ne va pas apprécier… ! »
Elle s’interrompit,
en voyant Alizée gifler soudainement Sirius.
«- Ah bah, la pêche
a été infructueuse… ! se moqua Remus, alors que James et Harry éclataient
de rire. Pauvre Siri, il n’a jamais de chance avec les filles… !
ajouta-t-il en haussant volontairement la voix alors que ce dernier venait vers
eux.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler,
Remi… ! riposta innocemment Sirius. Oh, mais qui voilà ?
s’exclama-t-il en apercevant le petit couple qui s’était joint à eux. Vous
daignez enfin nous rendre une petite visite… ? »
* * * * *
Il était près de
trois heures du matin lorsque James et Lily quittèrent, une nouvelle fois,
leurs amis, et regagnèrent, tous les deux, le manoir Potter, où, visiblement,
le dîner d’affaire de Franck n’était pas encore terminé. Les deux adolescents
n’eurent donc aucun mal à se glisser discrètement à l’étage et à rejoindre la
chambre de la jeune fille, où ils furent accueillis non seulement par Neige
mais aussi…
«- Gaïa ! Mais
comment es-tu arrivé là, toi ? s’exclama James, surpris.
- Tu as du laisser la porte de ta chambre
ouverte… ! » suggéra simplement Lily en caressant la petite chatte
blanche qui ronronna de contentement, dans les bras de sa propriétaire.
Tous deux restèrent
silencieux un moment, alors que James tentait de rattraper son chat qui, prenant
un malin plaisir à embêter son maître, était allé se réfugier sous le lit, au
plus grand amusement de Lily, alors que James râlait contre le félin tigré
qu’il parvint finalement à attraper par la peau du cou.
«- Dis,
James… ! commença finalement Lily, en déposant Neige sur le lit. Je…
je… ! Tu voudrais pas rester dormir avec moi ce soir ? demanda-t-elle
d’une petite voix, en rougissant légèrement.
- Bien sûr… ! accepta-t-il en se
tournant vers elle, tenant toujours le chat par le cou. Il y a quelque chose
qui ne va pas ? s’inquiéta-t-il.
- Oh non… ? C’est juste que… !
- Pas de problème ! Je ramène ce petit
malin dans ma chambre et j’suis à toi… ! » déclara-t-il, avant de
quitter la chambre.
Il réapparut dix
minutes plus tard, refermant soigneusement la porte derrière lui, avant de
venir s’asseoir sur le lit de la jeune fille et passer un bras autour de ses
épaules en l’embrassant rapidement au passage. Celle-ci semblait mal à l’aise.
«- James…, tu es sûr
que ça ne risque rien…, par rapport à ton père ?
- Bien sûr… ! Mon père est occupé avec
ses amis et il nous croit encore à notre soirée…, alors… !
- D’accord…, mais je veux dire…, on a déjà
faillit se faire prendre une fois… !
- Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à ce que
je dorme avec toi…, sans aucune arrière pensée bien sûr… ! »
Lily sourit et se
leva tout en rassemblant distraitement ses cheveux en une queue de cheval.
« Tu sais que
tu es mieux avec les cheveux lâchés, Lily jolie ? » observa-t-il en
caressant distraitement Neige qui était pelotonnée sur le lit.
Lily se retourna
vers lui et sourit.
«- Peut-être… !
concéda-t-elle. Mais c’est plus pratique… !
- Pourquoi ? » s’étonna James.
Lily éclata de rire.
« Décidément, vous
les garçons, vous n’y connaissez rien… ! Les cheveux longs nécessitent
bien plus d’entretien que les vôtres… ! Et autant tes cheveux en bataille
ajoutent à ton charme, autant je ne tient pas à devoir passer deux heures à
démêler les miens demain matin rien que pour tes beaux yeux… ! »
James haussa un
sourcil puis esquissa un petit sourire amusé.
«- Ca t’inquiète
tant que ça ? demanda-t-il finalement.
- De quoi ?
- Cette histoire avec… mon père… !
-Et bien…, je ne tiens pas à t’attirer plus
de problèmes que tu en as déjà avec lui… !
- Lily… ! soupira-t-il en se levant et
en l’enlaçant. Je te l’ai dit je ne sais combien de fois déjà ! Mon père
ne m’empêchera pas de t’aimer… !
- Mais je ne veux pas que tu fasses quelque
chose que tu pourrai regretter par la suite… !
- La seule chose que je pourrai regretter
serai de te perdre en me pliant aux ordres de mon père… ! Et ça, pour rien
au monde, je ne le voudrais… ! »
Disant cela, il
l’embrassa sur le front, lui arrachant un faible sourire.
«- Détends-toi ma
petite fleur adorée… ! Tu es trop anxieuse… ! murmura-t-il au bout
d’un moment. Ca ne risque vraiment rien, je t’assure… ! Et puis, si
vraiment ça t’inquiète tant que ça, on peut laisser tomber… ! ajouta-t-il.
- Non, je veux que tu restes avec
moi… ! » souffla-t-elle en passant les bras autour de son cou et en
l’embrassant.
L’étreinte de son
petit-ami se resserrant autour de sa taille alors qu’il approfondissait le
baiser suffit à détendre la jeune fille. Elle se sentait si bien dans ses bras
que plus rien d’autre ne comptait à par eux deux… ! Elle se sentait même
si bien que…
« James… !
murmura-t-elle lorsqu’ils se séparèrent, tout en venant niché son visage au
creux de son cou. Et si on reprenait ce qu’on avait commencé, le soir où Harry
nous a… interrompu ? »
Il s’écarta d’elle,
surpris par sa requête, rencontrant son regard. Finalement, il esquissa un
petit sourire.
«- Il y a à peine
cinq minutes, tu t’inquiétais au sujet de mon père…, et voilà que
maintenant… ! la taquina-t-il.
- Si tu m’assure que ça ne risque
rien… ! répliqua-t-elle en venant se blottir à nouveau contre lui.
- Je ne veux pas t’obliger à faire quoi que
ce soit, Lily… ! On a tout notre temps, tu sais… ?
- J’espère bien… ! » susurra-t-elle
avant de l’embrasser tendrement, passant à nouveau les bras autour de son cou.
Le baiser se fit
plus passionné alors qu’il l’attirait un peu plus contre lui, l’enlaçant
étroitement, une de ses mains remontant lentement dans son dos, la faisant
frissonner, alors qu’elle lui caressait doucement la nuque, le faisant frémir
contre elle. Détachant ses lèvres des siennes, tout en continuant à laisser ses
mains se balader le long du dos de la jeune fille, il déposa un léger baiser
dans le cou de sa petite-amie qui se serra un peu plus contre lui en soupirant
de contentement. L’adolescent continua donc à l’embrasser, avec plus
d’insistance, dans le cou alors que ses mains glissaient jusqu’à ses hanches
qu’il effleura légèrement, lui soutirant une légère plainte qui suffit à le
rendre un peu plus entreprenant, alors qu’il revenait chercher ses lèvres dans
un baiser enflammé.
Elle le sentit lentement l’entraîner
vers le lit, alors qu’elle resserrait sa prise autour de son cou, sur lequel
elle se retrouva rapidement étendue, sur le dos, embrassant passionnément son
compagnon, qui se trouvait au dessus d’elle, alors qu’il entreprenait de
défaire, l’un après l’autre, les boutons du chemisier qu’elle portait pour l’occasion.
* * * * *
Lorsqu’elle se
réveilla, quelques heures plus tard, Lily se demanda un instant où elle se
trouvait, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’elle était toujours dans les bras de
James. Les “évènements” de la soirée lui revinrent alors à l’esprit, la faisant
sourire, tout en contemplant l’expression sereine de son camarade qui dormait
paisiblement contre elle. Elle l’observa un moment, se demandant si elle ne
rêvait pas, si tout cela s’était vraiment passé…, se demandant en quoi cela
influerait sur leur relation.
La pâle lueur du
soleil hivernal s’infiltrait par la fenêtre, éclairant la pièce d’une lueur
tamisée.
« Il ne doit pas être plus de sept heures du
matin ! » songea-t-elle, tout en se blottissant un peu plus contre le
torse musclé de son petit-ami.
Se déplaçant légèrement entre les bras qui l’entouraient, elle
déposa un léger baiser sur le front de son ami qui murmura imperceptiblement
dans son sommeil et elle réalisa alors qu’il avait toujours ses lunettes… Sans pouvoir
s’empêcher de sourire, elle les lui enleva précautionneusement, et les posa
délicatement sur sa table de chevet, avant de venir se serrer à nouveau contre
James, savourant la chaleur de sa peau contre la sienne. Elle se sentait bien,
entre ses bras, même lorsqu’il était endormi, elle se sentait protégée, mais
surtout, aimée. Elle
soupira de contentement et se serra un peu plus contre son compagnon, profitant
de la chaleur de son corps, de son souffle tiède contre sa peau, heureuse de
l’avoir à ses côtés. Machinalement, elle parcouru du bout des doigts la longue
cicatrice qui traversait l’avant-bras de son petit-ami, se demandant comment il
avait pu se faire ça.
Au bout d’un moment, un peu
à contre cœur, elle se déplaça à nouveau dans les bras de l’adolescent et lui
caressa tendrement la joue avant de déposer un léger baiser sur ses lèvres
entrouvertes. Il murmura quelque chose imperceptiblement et ouvrit enfin les
yeux. Lily lui adressa son plus beau sourire avant de venir nicher, l’espace
d’un moment, son visage au creux de son cou. Il sourit à son tour et l’attira
doucement vers lui, pour l’embrasser affectueusement.
«- Alors, ma petite fleur adorée, bien
dormi… ? lui glissa-t-il, plongeant ses yeux sombres dans les siens en lui
caressant doucement les cheveux.
- Avec toi, toujours… ! assura-t-elle, en effleurant son nez
de ses lèvres, taquine, contemplant la lueur aimante qui animait la douce
profondeur de ses yeux bleus nuit. Désolée d’avoir du te réveiller… !
- Ce n’était pas particulièrement désagréable… ! »
souffla-t-il en l’enlaçant étroitement.
* * * * *
Tous deux restèrent un long moment dans les bras l’un de l’autre,
jusqu’à ce quelque part dans le manoir, une horloge retentisse, les ramenant à
la réalité.
Tous deux restèrent,
ainsi, une fois de plus, étroitement enlacés, puis James soupira et s’écarta à
regret, non sans un autre baiser à sa petite-amie.
«- Merci… !
murmura-t-elle.
- Pourquoi ? s’étonna-t-il en récupérant
ses vêtements.
- Pour tout… ! » répondit-elle
simplement.
Il sourit et se
pencha vers elle pour l’embrasser à nouveau.
«- C’est tout
naturel… ! répondit-il, en rencontrant son regard vert. Je t’aime ma
Lily !
- Je t’aime aussi, James ! »
Il lui sourit à
nouveau et s’habilla rapidement, sous le regard amusé de la jeune fille qui ne
put s’empêcher de rougir, bien qu’elle ait eut l’occasion de le voir nu
quelques heures plus tôt. Une fois revêtu, il se pencha une fois de plus vers
elle qui était restée dans son lit, l’observant, appuyée distraitement sur son
coude, ses cheveux retombant à présent librement sur ses épaules. Il l’embrassa
brièvement.
«- Finalement, tu
vas devoir prendre le temps de démêler tes cheveux ce matin… !
plaisanta-t-il, en repensant à l’instant où, durant leur nuit, il avait,
malicieusement, enlevé l’élastique qui retenait attachés les cheveux de
l’adolescente.
- Par ta faute… ! rétorqua-t-elle, sans
réprimer pour autant un sourire.
- Tu n’es pas si décoiffée que ça… !
commenta-t-il, alors qu’elle passait ses bras autour de son cou.
- Hum… ! Dis, tu dois vraiment
repartir… ? demanda-t-elle.
- Je peux encore rester un peu… ! »
concéda-t-il en souriant avant de revenir à ses côtés.
Profitant de
l’occasion, elle revint se blottir paresseusement contre lui, alors qu’il
passait une main dans ses cheveux.
«- James… ?
- Hum… ?
- Comment t’es-tu fait cette cicatrice au
bras ? demanda-t-elle, en levant les yeux vers lui.
- Oh… c’est une longue histoire ! répliqua-t-il
en souriant. Mais, pour te répondre, je devais avoir six ans… ! Je jouais
au Quidditch avec Sirius, dans mon jardin… ! Ce jour-là, Sirius m’a
proposé je ne sais plus qu’elle défi… ! Bien sûr, j’ai voulu relever ce
fameux défi…, mais je… hum… je n’étais pas aussi adroit que maintenant et…ben,
je suis tombé de mon balai… ! Après une chute d’une dizaine de mètres, je
ne m’en suis sortit qu’avec un bras cassé… ! Sirius, se sentant coupable,
est partit prévenir ma mère, mais pas avant de s’être de lui-même, ouvert le
bras pour, disait-il, “partager ma souffrance”… ! Du coup, ma mère a dû
nous emmener tous les deux à Ste Mangouste… ! Mais on en a tous les deux
gardés la cicatrice…, et c’est comme ça qu’on a scellé notre amitié, lui et moi… ! »
Lily acquiesça
silencieusement, interloquée, et revint se blottir contre son petit-ami.
« Bon, il va
vraiment falloir que j’y aille car je suis sûr que la première chose que fera
mon père en se levant sera de s’assurer que je sois bien dans mon
lit… ! » grommela James, avant de déposer un bref baiser sur le front
de la jeune fille et s’écarter d’elle qui, malgré sa déception bien visible, le
laissa partir.
James quitta la
chambre, non sans un dernier regard à sa belle et parcouru discrètement le
couloir silencieux pour regagner sa chambre. Visiblement, tout le monde dormait
encore. Il se glissa vivement dans sa chambre…, pour découvrir tous les lits
faits et la pièce déserte… Les autres n’étaient pas encore rentrés de la fête…
James sourit, se demandant dans quel état il allait retrouvé ses amis. Mais
cette absence avait aussi l’avantage qu’il n’aurait pas à justifier le fait
qu’il n’avait pas passé la nuit dans son lit…, mais plutôt dans celui de
Lily… ! Il sourit rêveusement en repensant aux derniers évènements…, à
leur première fois… Il secoua la tête et caressa rapidement Gaïa qui paressait
sur son lit, avant d’attraper sa médaille qu’il avait laissé sur sa table de
chevet la veille. Ses parents n’apprécieraient pas s’ils venaient à apprendre
qu’il s’était séparé de sa médaille, ne serait-ce qu’une soirée. Il la remit et
prit de quoi se changer avant de filer dans la salle de bain. Lorsqu’il en
sortit, une demi-heure plus tard, les cheveux encore plus en bataille qu’en
temps normal et encore humides, vêtu de propre, Gaïa bondit de son lit, alors
que la porte de la chambre s’ouvrait sur Sirius, suivit de près par Remus et
Harry.
« Ah, vous voilà,
tous les trois ! s’exclama James, en prenant un air sévère, les bras
croisés, en les faisant sursauter au passage. Vous avez vu l’heure qu’il
est ? »
Sirius grommela.
«- Oui, papa !
ironisa-t-il, en portant la main à sa tête. Et pourrai-tu éviter de parler si
fort, j’ai mal à la tête… !
- On a dû lui administrer une potion de
décuvage… ! expliqua discrètement Remus. C’est à peine s’il tenait debout
il y a encore moins d’une heure… ! »
James haussa un sourcil, amusé, mais
préféra se passer de commentaire.
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